Recrutement en pharmacie en 2026 : pourquoi le marché reste sous tension malgré l’augmentation du nombre de pharmaciens ?

Recrutement en officine en 2056 un marché sous tension

Pourquoi le marché du recrutement en pharmacie reste sous tension malgré l’augmentation du nombre de pharmaciens ?
Le marché de l’emploi en pharmacie semble présenter une contradiction.

Le saviez-vous que le nombre de pharmaciens en activité augmente en France ?

Au 1er janvier 2026, la France compte 75 300 pharmaciens en activité, soit le niveau le plus élevé depuis 2012 selon la DREES. De son côté, l’Ordre national des pharmaciens recense 75 731 pharmaciens inscrits au 1er janvier 2026, en hausse de 0,9 % sur un an.

Mais de l’autre côté, les difficultés de recrutement restent importantes.

Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail, 60,9 % des projets de recrutement concernant les pharmaciens sont jugés difficiles, contre 43,8 % pour l’ensemble des projets de recrutement en France. Pour les techniciens médicaux et préparateurs, le taux atteint 59,6 %.

Alors, comment expliquer ce paradoxe ?

Le problème n’est probablement plus uniquement celui du nombre de professionnels disponibles. En effet, le marché de l’emploi en pharmacie est en train de changer.
Entre la répartition des professionnels, l’évolution des missions, les attentes des salariés, la diminution du nombre d’officines et la concurrence entre les officines modifient progressivement l’équilibre entre l’offre et la demande.

Une profession qui compte de nouveau davantage de pharmaciens

Après plusieurs années de baisse, la démographie pharmaceutique connaît un nouveau mouvement de croissance.

La DREES indique qu’après un recul du nombre de pharmaciens en activité jusqu’au début de 2023, les effectifs progressent depuis trois ans. Au 1er janvier 2026, 75 300 pharmaciens sont en activité, contre 74 600 un an auparavant. La moyenne d’âge s’établit à 46,1 ans et les femmes représentent 68 % des effectifs.

L’Ordre national des pharmaciens observe également cette dynamique. En 2025, 3 044 pharmaciens se sont inscrits pour la première fois à l’Ordre, soit une progression de 4 % par rapport à 2024. Sur dix ans, les effectifs de pharmaciens ont progressé de 3,2 %.

Le renouvellement générationnel est également visible : les pharmaciens de moins de 40 ans représentent désormais 36,2 % des effectifs, contre 23,5 % en 2015.

À première vue, ces chiffres pourraient donc laisser penser que les tensions de recrutement devraient progressivement diminuer.

Mais la réalité du marché est bien plus complexe.

Plus de pharmaciens ne signifie pas nécessairement plus de candidats disponibles en officine

L’un des éléments essentiels pour comprendre le marché actuel est la répartition des pharmaciens entre les différents secteurs d’exercice.

Selon la DREES, environ deux tiers des pharmaciens exercent en pharmacie, ce qui inclut notamment l’officine. En parallèle, la part des pharmaciens salariés continue de progresser : elle représente désormais près des deux tiers des pharmaciens en activité, contre 56 % en 2012.

Cette évolution traduit une transformation progressive de la profession.

Le diplôme de pharmacien ouvre aujourd’hui sur des environnements professionnels nombreux : officine, hôpital, industrie, distribution en gros, biologie médicale, assurance maladie ou encore fonctions liées au conseil et à la santé publique.

La croissance globale des effectifs ne signifie donc pas que chaque officine dispose mécaniquement d’un vivier plus important de candidats.

C’est une distinction essentielle : le nombre total de pharmaciens disponibles sur le marché ne correspond pas au nombre de pharmaciens recherchant un poste en officine, dans une zone géographique donnée, avec les disponibilités et les compétences recherchées.

Les chiffres de France Travail confirment la tension sur les recrutements

L’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail apporte un autre éclairage.

À l’échelle nationale, 3 680 projets de recrutement de pharmaciens sont recensés pour 2026 et 60,9 % sont considérés comme difficiles. Pour les techniciens médicaux et préparateurs, ce sont 7 470 projets de recrutement, dont 59,6 % jugés difficiles.

Ces données concernent les métiers dans leur ensemble et ne se limitent donc pas aux seules officines. Elles constituent néanmoins un indicateur particulièrement intéressant de la tension qui persiste autour de ces compétences.

À titre de comparaison, France Travail estime à 43,8 % la part des projets de recrutement difficiles tous métiers confondus en 2026.

Le recrutement des professionnels de la pharmacie reste donc nettement plus complexe que la moyenne du marché du travail.

Pour les officines, cette tension peut être accentuée par un facteur supplémentaire : la proximité géographique.

Un pharmacien disponible à Lyon ne répond pas nécessairement au besoin d’une pharmacie à Nice. Un préparateur recherchant un temps partiel ne correspondra pas forcément à une officine qui recherche un temps plein. Et un professionnel expérimenté dans une spécialité ou un environnement particulier ne sera pas automatiquement adapté à chaque poste.

Le marché du recrutement ne fonctionne donc pas uniquement en volume. Il fonctionne aussi en adéquation entre un profil et un besoin.

Parallèlement, le nombre d’officines continue de diminuer

Autre paradoxe du marché : alors que le nombre de pharmaciens repart à la hausse, le nombre d’officines poursuit sa diminution.

Au 1er janvier 2025, la France comptait 20 242 officines, après la disparition de 260 officines au cours de l’année 2024. En 2025, l’Ordre national des pharmaciens a recensé 245 fermetures supplémentaires, contre 250 en 2024.

Ces chiffres ne signifient évidemment pas que les besoins en recrutement diminuent dans les mêmes proportions.

Les officines qui restent doivent continuer à assurer leurs missions, tandis que les besoins en compétences évoluent. Certaines pharmacies regroupent leurs activités, d’autres se développent, certaines connaissent des besoins ponctuels de remplacement ou de renfort.

La concentration progressive du réseau peut donc aussi modifier la structure des besoins de recrutement.

En 2025, l’Ordre relève d’ailleurs que 16 % des fermetures d’officines étaient liées à des regroupements volontaires, contre 12 % en 2024.

Le paysage officinal évolue donc lui aussi.

Le métier de pharmacien évolue, et les besoins des officines avec lui

Le marché du recrutement ne peut pas être dissocié de l’évolution du métier.

Le pharmacien d’officine ne se limite plus à la délivrance des médicaments. Son rôle dans le parcours de soins s’est considérablement élargi au cours des dernières années.

Le Code de la santé publique prévoit notamment la participation des pharmaciens aux soins de premier recours, à la prévention, à l’éducation thérapeutique et à l’accompagnement des patients. Les pharmaciens peuvent également, dans les conditions prévues par les textes, prescrire et administrer certains vaccins, délivrer certains médicaments sans ordonnance après réalisation d’un test et contribuer à la prise en charge de certaines situations cliniques.

Ces nouvelles missions ont une conséquence directe sur les compétences attendues au sein des officines.

Le recrutement ne consiste plus seulement à rechercher une personne capable d’assurer la délivrance et le conseil au comptoir.

Les pharmacies peuvent également avoir besoin de professionnels capables de participer à la vaccination, aux entretiens et actions de prévention, à l’accompagnement des patients ou encore à l’organisation de nouvelles activités.

Les besoins évoluent donc en même temps que le métier.

Alors, pourquoi le marché reste-t-il sous tension ?

Les chiffres permettent finalement de dépasser une idée reçue : la tension du recrutement ne s’explique pas uniquement par un manque de pharmaciens.

Elle résulte de plusieurs phénomènes qui se superposent :

  • les effectifs de pharmaciens repartent à la hausse, mais sont répartis entre plusieurs secteurs d’activité ;
  • le nombre d’officines diminue progressivement, tandis que les besoins de certaines pharmacies peuvent rester importants ;
  • les nouvelles missions élargissent les compétences attendues ;
  • les professionnels disposent de davantage de possibilités d’exercice ;
  • les besoins sont fortement dépendants de la localisation, du temps de travail et du profil recherché ;
  • les formes d’emploi se diversifient, notamment avec la progression de l’intérim.

Le marché de l’emploi en pharmacie est donc moins une question de quantité que de correspondance entre l’offre et la demande.

En 2026, recruter devient surtout une question d’adéquation

Pour les officines, cette évolution implique de repenser progressivement la manière de recruter.

Dans un marché où les professionnels qualifiés restent sollicités, publier une annonce ne suffit pas toujours à faire émerger les bons profils.

La localisation du poste, les horaires, les responsabilités, les perspectives d’évolution, l’organisation de l’équipe et les conditions proposées participent tous à l’attractivité d’une offre.

Du côté des candidats, la multiplication des possibilités permet également de comparer davantage les postes et de rechercher une officine correspondant réellement à leurs attentes professionnelles.

Le recrutement en pharmacie en 2026 est donc devenu plus précis, plus concurrentiel et plus exigeant.

Un marché qui évolue, mais qui reste sous tension

Le paradoxe est finalement révélateur de la transformation du secteur.
La France compte davantage de pharmaciens, mais cela ne suffit pas à faire disparaître les tensions de recrutement.

Parce que le marché ne repose pas uniquement sur le nombre de professionnels disponibles.
Il dépend de :

  • leur répartition,
  • leurs aspirations,
  • des compétences recherchées,
  • la localisation des postes,
  • de l’évolution rapide du métier.

Pour les officines comme pour les professionnels, cette nouvelle réalité demande davantage d’anticipation et une meilleure compréhension du marché de l’emploi.

Chez Arcane, nous sommes spécialiste du recrutement et de l’intérim en pharmacie en région PACA depuis plus de 25 ans, cette évolution du marché est au cœur de notre quotidien : comprendre les besoins des officines, identifier les bons profils et favoriser des mises en relation qui répondent réellement aux attentes des deux parties.

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